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Ensemble 1, Tome 89 (guide des références bibliographiques)

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12093.

BREVET D'INVENTION DE QUINZE ANS

en date du 29 avril 1842,

Aux sieurs BOURGOING et DU TREMBLAY,

Pour des procédés complets de lithophanie.

CHAPITRE PREMIER.

On peut produire à volonté, par ce procédé, soit des tableaux monochromes

autrement dits grisailles et camaïeux, soit des tableaux à nuances diverses et naturelles.

 

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Tableaux monochromes autrement dits grisailles et camaïeux.

Pour ce genre de tableaux, il suffit de choisir des plaques lithophaniques que le feu n'ait pas fait gauchir et dont le relief n'ait que peu d'élévation, d'en prendre des empreintes ou des contre-épreuves, en terre de porcelaine ou terre blanche; de faire cuire ces empreintes, que nous avons appelées bases: ., et de choisir parmi elles celles qui, à leur première cuisson, seront restées parfaite­ment plates, de les recouvrir enfin, à un second' feu et d'après les principes de fabrication des poteries ou faïences ordinaires, modifiés pourtant ainsi qu'il sera expliqué plus bas, d'un émail coloré au degré convenable, de manière à remplir tous les creux, couvrir toutes les sommités, et rendre ainsi parfaite­ment unie la surface supérieure de cette plaque.

Il est évident que les reliefs trop élevés sont défectueux, en ce qu'ils deman­dent une trop grande épaisseur d'émail.

Il est également évident que, si cet émail est trop clair, les tableaux n'au­ront aucun effet, et que, s'il est trop foncé, ces effets disparaîtront dans l'om­bre; c'est donc de l'exacte proportion entre l'élévation des reliefs et la colora­tion des émaux que dépendra la perfection des tableaux en émail ombrant.

Il est également important que les reliefs soient exactement et régulière­ment couverts, et que la surface des tableaux devienne parfaitement unie.

L'expérience nous a prouvé que, pour obtenir cette égalité de surface, il était nécessaire de munir nos plaques d'un rebord en relief ayant autant d'élé­vation que la sommité la plus élevée de la plaque qu'il entoure ; mais, comme ce rebord a l'inconvénient de tirer à lui l'émail en fusion et de produire ainsi, tout autour du tableau, un entourage d'ombre qui cerne ce tableau d'une ma­nière désagréable, nous avons muni toutes nos plaques d'un second entourage intérieur en creux.

Nous avons nommé cette rigole intérieure le déblai, et le bord extérieur le remblai ; ils sont tous les deux nécessaires, l'un, le remblai, pour retenir l'émail, comme nous l'avons dit, l'autre, le déblai, pour recevoir le superflu de cet émail ; par ce moyen, nous sommes parvenus à obtenir des tableaux dont les bords sont nets et ne se trouvent terminés que par une raie obscure régulière.

Pour tous les tableaux monochromes, qui sont la partie la plus simple et la plus avantageuse de la fabrication de l'émail ombrant, il suffit donc de poser, en résumé, les principes suivants :

Choisir des plaques lithophaniques transparentes, parfaitement droites, d'un relief peu élevé;

 

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Prendre l'empreinte de ces plaques en porcelaine ou en terre à faïence, en leur donnant environ 0,001m à 0,005m d'épaisseur;

Faire passer à un premier feu ces plaques, contre-épreuves des transparents de porcelaine ou de cire;

Recouvrir finalement celles de ces plaques que le feu n'aura point fait gau­chir d'un émail dont la coloration sera exactement calculée d'après l'élévation des-reliefs.

Si ces quatre opérations sont faites avec soin et exactitude, on obtiendra des tableaux dont la douceur et la perfection égaleront, en les rendant inaltérables, les plus belles épreuves de gravure ou de lithographie.

CHAPITRE II.

Émail ombrant polychrome ou en plusieurs couleurs.

L'obtention de tableaux en émail ombrant monochrome ou d'une seule cou­leur est la partie la plus importante de cette découverte, la coloration n'en est que le complément accessoire et ne demande. plus que des soins et du goût.

Nous avons employé deux méthodes distinctes pour donner à nos tableaux des teintes variées et naturelles, savoir :

.. CHAPITRE -II

Première méthode, au moyen d'émaux colorés dans toute leur épaisseur.

Nous employons cette première méthode pour les arabesques et pour les fruits et les feuilles que nous avons placés au fond d'assiettes de dessert.

Nous n'avons aucune prescription particulière à consigner ici pour cette partie de notre procédé; il suffit de choisir, pour chaque couleur de fruits, pour chaque nuance de feuilles, un émail de la teinte et du degré de colora­tion convenable.

Ces émaux colorés, étendus sur la partie des creux et des reliefs destinés à les recevoir, produiront des effets d'autant plus satisfaisants qu'ils auront été choisis avec plus de discernement; mais, comme il s'agit ici de fabrication en grand, nous ne devons pas omettre la nécessité de choisir avec beaucoup de soin les nuances qui serviront à colorer les modèles; ces modèles, une fois colorés en tons satisfaisants, serviront à établir de grandes masses d'émaux de différentes teintes; ces grandes masses, composées avec des mélanges de di­verses proportions d'émaux de couleurs primitives, seront ensuite vitrifiées

 

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pour être triturées et broyées de nouveau, et servir à la coloration des arabes­ques et des fruits.

Quelques nuances délicates, quelques taches, quelques détails pourront, en outre, être faits d'avance, au pinceau, sur le biscuit blanc qui doit recevoir les émaux colorés.

Cette seconde trituration des nuances d'émaux vitrifiés en masse est nécessaire non-seulement pour donner à ces émaux toute la limpidité désirable, mais encore pour assurer, dans les fabriques, un coloris irréprochable et une facile et constante reproduction des mêmes nuances.

Nous posons en fait que les tableaux produits par ce procédé égaleront, à peu de frais, ce que pourraient obtenir l'art de la miniature et le pinceau le plus exercé.

CHAPITRE IV. -

Seconde méthode, au moyen de la coloration partielle de bases blanches
recouvertes ensuite d'émail gris.

Cette méthode est plus compliquée que la précédente.

La première condition pour la réussite de ce genre de tableaux est le choix d'un émail gris, d'une extrême pureté, d'une limpidité parfaite et d'un ton exactement gris, c'est-à-dire tenant un exact milieu entre les tons de gris jau­nâtre, bleuâtre ou rougeâtre; ce gris de nos tableaux doit, de toute nécessité, ne participer exclusivement d'aucune de ces trois teintes; nous l'avons, par cette raison, nommé gris neutre; il doit avoir à peu près le ton gris des gra­vures ou lithographies, et pouvoir recevoir, comme celles-ci, quand on les enlumine, toutes les teintes rouges, couleur de chair, bleues, jaunes, vertes, etc., sans les modifier qu'autant qu'il est nécessaire pour leur donner les degrés d'ombre qu'elles doivent avoir suivant la place qu'elles occupent dans chaque tableau.

Par cette coloration accessoire de la base, il est possible de produire des tableaux d'un coloris aussi vigoureux et aussi vrai qu'on peut le faire non-seulement au moyen de lithographies coloriées avec soin à l'aquarelle, mais encore au moyen de la peinture à l'huile.

On connaît, en effet, divers tableaux d'anciens maîtres qui ne sont que des grisailles recouvertes de glacis de couleur; les tableaux faits par cette méthode ont cependant un coloris tout aussi satisfaisant que celui des peintres qui se sont servis d'abord des couleurs elles-mômes pour ombrer leurs tableaux.

Il en sera de même des émaux ombrants colorés d'après la méthode que je

 

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viens de décrire, et qui ne seront que des grisailles accessoirement nuancées et coloriées.

plus ou moins grand dépendra nécessairement du soin Le degré de perfection dû coloriste; mais nous pouvons prétendre hardiment qu'aucun genre, connu ne pourra produire, avec aussi peu de peine et à si peu de frais, des tableaux d'un effet aussi satisfaisant que celui obtenu au moyen de l'émail ombrant. Ce nouvel art reproductif a, en outre, l'avantage d'offrir des produits inaltérables, à l'air, à l'humidité et à la lumière.

Pour compléter la description des procédés employés, je vais rapporter ici les principes divers et les directions détaillées qui ont servi de guide aux ouvriers de nos, ateliers.

Ces principes ont été rédigés sous la forme d'instructions.

Instructions données aux ouvriers de la fabrique d'émail ombra [mot coupé]

 

CHAPITRE V.

Reliefs.

Le choix des reliefs est la question fondamentale la plus importante de toutes; il faut que ces reliefs soient exactement calculés pour produire l'effet convenable.

Tous les tableaux en relief nouveaux devront être modelés d'après les prin­cipes que nous allons établir.

:Quant aux tableaux que nous avons déjà et qui nous ont servi pour des pla­ques à transparents, ils seront, pour la plupart, rectifiés, et, dans tous les cas, il faudra varier le degré de coloration des émaux d'après le degré des reliefs de chaque tableau; à cet effet, il sera procédé au classement de tous les moules que nous possédons.

Ainsi le creux le plus profond de chaque dessin sera mesuré, et l'on notera par millimètre la différence d'élévation de l'endroit le plus saillant et de l'en­droit le plus creux.

Les dessins seront alors ainsi désignés : reliefs de        ou                       millimètres a/x. Chaque catégorie de dessins ainsi établie devra être couverte d'émail d'un degré différent de coloration.

Cependant, comme une très-grande exactitude n'est pas nécessaire pour ces classements, et que le même émail peut faire un effet satisfaisant avec des dessins de reliefs assez différents, on n'établira que trois classes et on ne se servira ainsi que de six émaux gris neutre différents; nous avons déjà expliqué ce que nous entendons par émail gris neutre.

 

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Déviation du relief des classes.

-Première classe, de 1/3 de millimètre;

Deuxième classe, 1/2 millimètre;

Troisième classe, 1 millimètre;

Quatrième classe, 2 millimètres;

Cinquième classe, 3 millimètres;

Sixième classe, 4 millimètres et au-dessus.

Nous avons reconnu que le relief le plus parfait, celui qui tient le milieu le plus convenable entre le relief trop élevé, difficile à couvrir, et le relief trop bas, qui ne se prononce pas assez, est le relief 1 fraction de millimètre, troisième classe.

Cette mesure servira, autant que possible, de règle à tous les dessins que nous ferons établir, quelle que soit l'étendue de leur surface, car il faut bien se rappeler que cette étendue ne doit, dans aucun cas, augmenter le relief, et que le plus grand comme le plus petit tableau doit, sous ce rapport, obéir aux mêmes lois.

CHAPITRE VI.

Procédés pour abaisser les reliefs.

Il suffira, pour quelques tableaux déjà établis; de rectifier les parties les plus saillantes, surtout lorsque ces parties ne seront que des rochers ou des herbages du premier plan, qui ne demandent pas une grande netteté de recti­fication.

Pour les reliefs trop élevés, dans les parties les plus importantes, dans le dessin nommé l'arbre, par exemple, il ne faudra pas rectifier le plâtre coulé sur le moule de porcelaine au moyen du burin ou du grattoir, mais par la méthode que je vais décrire.

Une cire sera coulée sur la porcelaine transparente de ce relief; lorsque cette feuille aura été enlevée, on la placera à l'envers sur une glacé ou autre surface plane, on fera ensuite rentrer, par une pression de doigt, les endroits les plus creux; on parviendra ainsi à diminuer le relief tout en conservant le détail ouvragé de la surface.

Ce procédé n'est pas applicable à tous les tableaux ni reliefs; en tous cas, il devra être fait avec soin et intelligence.

 

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CHAPITRE VII.

Filets faits sur les moules à la pointe d'une aiguille pour séparer nettement
deux couleurs.

Pour tous les dessins qui devront avoir des parties nettement tranchées en couleurs différentes, tels, par exemple, que. le Mendiant, de Murillo, dont l'habit est brun et la veste jaunâtre, ou la grappe dont les raisins sont violets et les feuilles vertes, on ajoutera à l'aiguille, dans le moule, de petits filets en relief uniquement destinés à séparer les couleurs placées l'une à côté de

l'autre.

Ces filets seront aussi faibles que possible en largeur, et n'auront à peine que fraction de millimètre en hauteur.      

-CHAPITRE VIII.

Reliefs pour arabesques et. ornements.

Il ne faut pas que ces ornements et arabesques, de quelque grandeur qu'ils soient, aient un relief proportionné à cette grandeur.

Nous rappellerons ici le principe posé plus haut, que la hauteur des reliefs ne doit pas augmenter en proportion des surfaces.

Dans tous les tableaux ou ornements quelconques qui excèdent le relief de 0,001m reconnu le plus convenable, cet excédant est inutile et même défec­tueux.

Les arabesques pour grandes plaques de décors, d'intérieurs de-boutiques ou d'appartements seront, en général, exécutées à fond réservé sombre ou clair.

Nous nommons fonds réservés ceux qui sont d'une couleur différente de celle des arabesques et sujets qui s'y trouvent.

Les arabesques qui sont de la même couleur que leur fond se nomment ara­besques à fonds semblables.

Les fonds clairs, tels que rose, chamois, lilas, bleu ciel, vert céladon, vert chrysopale, etc., sont les plus convenables pour murailles d'appartements et intérieurs de boutiques, ces couleurs s'éclairant plus facilement.

Les fonds réservés noirs ou blancs opaques seront presque toujours tout unis.

Pour toutes les autres couleurs sombres ou claires, il ne sera que fort rare­ment fait usage de ces fonds unis; en voici la raison :

 

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Comme nos procédés nous permettent de donner des objets très-riches au même prix que les objets d'un dessin simple, nous ne négligerons jamais cet avantage, que nous avons sur toutes les autres fabrications, d'augmenter sans frais la complication et la richesse des détails.

Au moyen des dessins réduits au tour à portrait, ou simplement modelés avec soin, moulés et rapportés les uns à côté des autres, nous établissons, dans plusieurs de nos modèles, de larges surfaces délicatement ouvragées sur toute leur étendue, et qui servent de fond aux grandes palmettes, feuilles d'acan­thes, etc.

Toutes les fois qu'une surface quelconque sera sans ornements dans un dessin en arabesque, cette surface, au lieu de rester unie, pourra recevoir un fond composite; nous avons ainsi nommé les fonds formés au moyen de petites ré­ductions ou d'autres ornements modelés exprès et rapportés les uns à côté des autres.                     _

Pour les carreaux destinés à couvrir les murailles des salles de bain , des parois de fourneaux, etc., nous avons également soin de n'employer, en gé­néral, que des dessins composites.

Ces carreaux sont couverts soit d'émail ombrant, et dans ce cas les reliefs en sont calculés et modelés d'après les principes lithophaniques (principes en­tièrement distincts de ceux de tous autres reliefs), soit d'émaux opaques de couleurs claires, et dans ce dernier" cas les surfaces sont unies ou couvertes de reliefs non lithophaniques ou ordinaires.

La plupart de ces carreaux sont faits Ogresse ,mécanique, au moyen de moules de cuivre.

CHAPITRE IX.

Principes généraux de coloration.

Les plaques ou autres objets d'émail ombrant sont produits à volonté, comme nous l'avons déjà dit, en camaïeux ou tableaux monochromes, ou en tableaux colorés.

Ces tableaux en camaïeux ne demandent aucune explication spéciale; il suffit, pour obtenir de bons effets, de choisir des reliefs convenables et de les couvrir d'émaux différents, selon leur classe.

Ces tableaux monochromes n'exigent aucun soin particulier et ne présentent aucune difficulté; nous ne parlerons donc avec détail que des tableaux à nuances variées.

Il faut avoir soin, lorsqu'on colore les reliefs, de se servir de pinceaux fins pour toutes les parties qui demandent quelque netteté dans la coloration; les

 

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pinceaux plus forts ne seront employés que pour les larges surfaces d'une même couleur.

Dans la plupart des dessins employés, il faut aussi peu de temps pour cette enluminure que pour celle d'une lithographie; quelques autres tableaux de­vront être confiés à des mains plus habiles.

Nous avons deux manières principales de procéder, soit en ombrant avec la couleur elle-même, comme nous l'avons dit au chapitre 3, ou en ombrant avec du gris auquel nous avons donné le nom de gris neutre, comme il est expliqué au chapitre 4.

La première méthode ne peut s'employer que pour les fruits et fleurs sur fonds blancs ou noirs; c'est ainsi que le dessin de groseilles, de prunes, qui se trouve placé au milieu d'une assiette, n'est ombré que par les épaisseurs du rouge et du vert placés dans les creux.

Quant aux têtes, sujets ou paysages coloriés, ils l'ont été par les nuances ou teintures du fond recouvertes d'émail gris.

Ici, comme dans les gravures enluminées, les teintures donnent la couleur, l'émail gris produit les ombres.

La coloration des tableaux d'émail ombrant ne diffère de celle des lithogra­phies qu'en ce que, dans cet art nouveau, on met les nuances sur une surface qui n'est pas encore ombrée; il faut donc, lorsqu'on met ces teintures, n'avoir égard qu'à la couleur, en tenant exactement compte de l'ombre qu'elle recevra par l'effet de l'émail gris neutre.

De lui-même, cet émail gris ombrera convenablement chaque partie en s'étendant sur les reliefs calculés pour produire ces effets.

CHAPITRE X.

Coloration par infiltration.

Nous avons ainsi nommée une méthode très-expéditive pour colorer certaines parties délicates des bases de nos tableaux, telles que les feuillages des arbres du premier plan, les interstices sombres des murailles, les joints des pierres dans les maçonneries, les branches et rameaux des arbres, les branches dé­pouillées de feuilles des paysages d'hiver.

Pour conduire les couleurs dans ces parties délicates, il faudrait, si l'on se servait de pinceau, un temps et une peine considérables.

Ce procédé d'infiltration consiste à mouiller suffisamment les parties que l'on veut peindre ainsi sur les bases de terre cuite blanche, et à présenter en­suite, avec un pinceau, une couleur très-liquide à l'entrée de ces creux; cette

 

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couleur coulera d'elle-même et suivra toutes les sinuosités et ramifications les plus déliées.

CHAPITRE XI.

Tamponnage.

L'infiltration sert à colorer rapidement les creux délicats, le tamponnage est employé pour colorer les sommités des reliefs, telles que les parties éclai­rées des feuillages, ciment blanc ou jaunâtre des interstices des briques, pierres, etc.

Ce tamponnage ressemble à celui employé dans l'imprimerie ; de petits tampons de drap ou de toile sont imprégnés de couleur. ; en les frappant sur les reliefs, ils n'en colorent que les sommités

CHAPITRE XII.

Grattage.

Le tamponnage ne sert, en général, qu'à colorer rapidement les parties déliées et claires (jaunes, verdâtres, telles que les feuilles les plus éclairées des arbres, etc.); il existe un procédé plus convenable et plus facile pour obtenir les petits clairs parfaitement blancs qui se trouvent dans beaucoup de tableau; tels que reflets, dans l'eau, dans les paysages de jour ou clairs de lune, reflets brillants des casques et armures, filets blancs marquant, entre les pierres. , la chaux dans la maçonnerie, voiles de navires, turbans, etc.

Il est certains dessins ou, gravures anglaises, par exemple, qui reçoivent leur principal effet de ces petites parties d'une éclatante blancheur, qui font valoir toutes les autres teintes.

Les tableaux en émail ombrant recevront facilement le même avantage produit par ces clairs si vifs et si brillants; on aura soin, à cet effet, après avoir coloré tout le dessin ainsi qu'il vient d'être décrit, de regratter toutes les parties qu'on voudra avoir réservées en blanc.

Les instruments de fer tels que grattoirs ou burins sont beaucoup moins convenables que des tessons de porcelaine, qui ont le double avantage de ne point noircir le biscuit, ainsi qu'il arrive lorsqu'on se sert de fer, et de pouvoir être fréquemment renouvelés lorsque le tranchant s'émousse..

Tous les dessins soignés seront ainsi regrattés au tesson de porcelaine avant de recevoir leur émail neutre.

Que l'on compare deux exemplaires du même dessin, sur l'un desquels sen‑

 

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-lement on aura employé ce procédé à l'égard des turbans, vêtements, personnages , chevaux blancs, voiles de navires et autres sujets analogues, et l'on se

convaincra de l'utilité de ce grattage.

Je terminerai ces détails par la description de quelques procédés accessoires

employés dans la fabrique d'émail ombrant.

          CHAPITRE XIII.

                 Émail à jour.

Nous avons ainsi nommé un genre d'ornement que nous avons surtout employé¬ dans quelques modèles d'assiettes : il consiste à percer à jour un certain nombre de trous d'un très-petit diamètre et formant des dessins réguliers sur les rebords des assiettes; ces petits trous se remplissent ensuite d'eux-mêmes d'émail lorsque l'on trempe l'assiette d'après les procédés habituels.

Quand, ensuite, la cuisson fixe et vitrifie cet émail, les jours restent bouchés par un émail transparent et produisent un genre d'ornement inconnu jusqu'ici dans la fabrication de la porcelaine ou de la faïence.

Quelquefois, au lieu de laisser l'émail blanc de l'assiette boucher de lui->même les trous régulièrement disposés, nous remplissons la totalité ou quelques-uns d'entre eux d'émaux de différentes couleurs.

Dés assiettes ou autres objets de faïence ou de porcelaine peuvent être ainsi criblés d'un assez grand nombre de petits trous pour avoir l'aspect d'une véri­table dentelle.

CHAPITRE XIV.

Mosaïque en émail ombrant.

Nous n'avons aucun détail particulier à donner sur cette application de notre procédé; il suffira de dire que, au moyen de pièces d'émail ombrant de toutes formes, couleurs et dimensions, nous pouvons obtenir tout ce qui se produit en mosaïque.

De très-petits carrés de diverses grosseurs nous serviront, par exemple, à écrire, en couleurs variées, les enseignes de magasins, et à produire en émail, en se guidant sur des dessins à carreaux employés pour les ouvrages de tapis­serie à la main, tous les sujets qui se font de cette manière sur canevas.

 

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CHAPITRE XV.

Dorure.

La dorure entrera comme accessoire dans ce nouveau genre de décor; nous n'avons besoin de donner aucune explication sur son emploi.

La dorure sera ajoutée à nos produits au feu de moufle, comme on le fait pour la porcelaine ou la faïence; nous ferons seulement observer que, jusqu'à ce moment, on ne se servait, pour les décors tant extérieurs qu'intérieurs, que de dorure à la colle ou à l'huile; la nôtre, appliquée au feu sur une vitrifica­tion, lui donnera une solidité extrême.

Il est concevable de quel avantage sera, sous ce rapport et sous celui de son éclat, l'émail ombrant appliqué au décor de l'intérieur des églises, des appar­tements, à l'extérieur des maisons, boutiques, etc.

Je terminerai par un résumé succinct des conditions nécessaires pour obtenir des objets d'émail ombrant d'une entière perfection.

Les douze conditions de réussite pour L'émail ombrant sont

1° Bon dessin.

Cette condition fondamentale n'a pas besoin de développement; il est évi­dent qu'un mauvais dessin ne peut rien produire de Ion en quoi que ce soit. 

2° Mince relief.

D'après les raisons développées ci-dessus, il est arrêté, en principe, que les reliefs élevés sont défectueux et que les meilleurs sont ceux des deuxième et troisième classes.

3° Bonnes empreintes.

Cette troisième condition est aussi simple et aussi impérative que la pre­mière; il est bien évident que de mauvaises empreintes des, meilleurs reliefs ne produiront que de détestables effets;

4° Platitude des plaques et absence de gondolement.

Toute plaque qui aura gauchi ou gondolé dans la cuisson donnera évidem­ment de mauvais produits.

5° Horizontalité de la cuisson.

Il est également clair que les plaques doivent cuire bien horizontalement; sans cela, l'émail en fusion se répand trop d'un côté.

6° Blancheur du biscuit.

Pour toutes les teintes, le biscuit parfaitement blanc est une condition de perfection ; il est surtout nécessaire pour les émaux bleu, violet et rouge; quant

 

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à l'émail vert, il peut faire très-bien sur du biscuit jaunâtre ou même jaune l'émail brun peut, sans inconvénient, recouvrir des biscuits rougeâtres.

Filet de déblai.

Ils sont nécessaires pour recevoir le superflu de l'émail autour des tableaux, grands ou petits.

8° Filet de remblai.

Ils sont nécessaires pour retenir l'émail en fusion et former godet, en bordant tous les tableaux d'émail ombrant.

9° Limpidité de l'émail.

Il faut, de toute nécessité, que les émaux soient bien purs, bien limpides, bien broyés et partout de la même couleur; aucun bon produit n'est possible sans cette condition.

40° Classement des reliefs et des émaux correspondants.

est important que chaque classe d'élévation des reliefs soit couverte d'émaux de la classe de coloration correspondante; un émail trop clair ou trop sombre sur un relief trop mince ou trop élevé produit des effets condamnables.

11° Submersion.

Tous les reliefs doivent être couverts, et une légère couche d'émail doit encore dépasser les sommités extrêmes des reliefs; sans submersion il n'existe point de bel émail -ombrant ; c'est une condition sine qua non.

1Surabondance lapidée..

Cette opération finale met le comble à la perfection des produits d'émail ombrant; elle n'est employée que pour les objets d'élite.

Lorsque les onze conditions ci-dessus ont été complètement observées et que la méthode de surabondance lapidée a été employée, c'est-à-dire lorsqu'une combe, d'émail, d'abord surabondante, a été usée et polie à la meule, l'émail ombrant produit des plaques d'une beauté et d'une harmonie qu'aucun art reproductif n'a pu donner jusqu'à présent.

Appendice relatif aux imitations de bois, d'agates et de toute espèce de pierres. La difficulté d'obtenir avec certitude des produits sans taches ni défauts a motivé, l'invention de ces bois de toute espèce, agates, etc., en émail ombrant; sur ces objets, en effet, les taches, accidents et accumulation d'émail ne sont point des défauts; il sera donc avantageux de fabriquer une foule d'objets dont le fond sera en bois simulé et les accessoires en émail ombrant vert, bleu et autres.

Ces fonds de bois pourront remplacer avec avantage même les fonds noirs,

que nous avons eu tant de peine à obtenir d'une manière satisfaisante.

 

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Plusieurs manières ont été employées pour obtenir de ces fonds de bois; quelques-uns acajou, palissandre, racines et autres, ont été modelés en cire ou faits au vernis coloré sur verre d'après la méthode habituelle de la lithophanie transparente ; quelques autres ont été modelés en cire blanche sur fond noir, par la méthode que nous avons nommée ombre éclaircie, par opposition à la méthode contraire, qui avait été appelée clair assombri.

Cette méthode de cire blanche sur fond noir a été employée avec avantage pour tous les objets qu'on a voulu munir de reliefs lithophaniques, tout en conservant leur forme extérieure.

Quand on fait un modèle d'après la méthode habituelle, avec de la cire colorée et transparente sur verre, on n'a que le contraire de ce qu'on veut avoir; par exemple, pour obtenir l'intérieur d'une assiette concave, on est obligé de modeler sa forme extérieure convexe.

Expériences a faire sur la proportion des reliefs et la coloration de l'émail
ombrant au moyen de la plaque de démonstration.

En théorie, tous les reliefs lithophaniques, qu'ils aient peu ou beaucoup de saillie, peuvent donner des contre-épreuves propres à servir de base pour des effets d'émail ombrant.

On conçoit, en effet, qu'avec de l'émail très clair mis fort épais sur des re­liefs à forte saillie on obtiendra des dégradations d'ombre et de clair, de même que sur une plaque à très-mince relief couverte d'un émail très-foncé.

Toutefois ces deux espèces de reliefs couverts de deux espèces d'émaux ne produisent pas tout à fait les mêmes effets.

Un émail clair, placé sur la plaque à relief, peut bien donner des fonds presque noirs et des clairs presque blancs avec  toutes les teintes intermédiaires, mais tout ce qui est finesse de détail disparaît complètement dans cette espèce d'émail ombrant, tandis qu'ils seront toujours visibles dans l'autre espèce résultant de plaques à mince relief couvertes d'émail foncé.

Il s'ensuivrait donc que les plaques à relief saillant ne doivent pas être em­ployées, et cette expérience a, du moins, engagé à ne faire de nouveaux mo­dèles qu'à très-mince relief; mais comme il existe un très-grand nombre de plaques lithophaniques déjà faites, et que, notamment , toutes celles établies pour la lithophanie transparente ont beaucoup de saillie , il est nécessaire de ne point rejeter toute cette catégorie de plaques; celles, en effet, qui se composent de larges surfaces, telles que visages et draperies de personnages de grandes dimensions, etc., peuvent produire d'assez bons effets avec l'émail clair; mais il est à remarquer que, dans ce genre de plaques, les petits détails,

 

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Tels que les mains, les fleurs, les broderies, les coliers, etc., perdront leur netteté.

On en peut voir un exemple dans le modèle nommé Les fleurs d'eau; dans ce dessin, du reste très-agréable, les doigts des personnages représentent une masse confuse.

La plaque de démonstration déposée a été établie dans le but de donner un moyen certain et toujours exact de choisir, pour chaque degré d'épaisseur du relief des plaques, la proportion convenable de la coloration de l'émail qui doit la recouvrir.

Il sera nécessaire, pour assurer régulièrement ce service dans la fabrique, que tous les modèles, quelles que soient leur dimension, leur forme et leur destination, soient divisés en six classes, uniquement d'après le degré d'élévation de leur relief.

Les émaux transparents, de quelque couleur qu'ils soient, seront également divisés en six classes correspondantes, d'après le degré de leur coloration.

Lorsque l'on fera de grands creusets d'émaux, il faudra avoir soin, avant de piler ces blocs, d'inscrire à quelle classe de coloration ils appartiennent.

Il y aura donc des émaux blancs, verts, violets, etc., de six degrés de coloration ou de six classes, destinés à couvrir six classes de reliefs.

Coins d'épreuve pour classer la transparence des émaux.

Pour classer les émaux, il faut adopter une méthode régulière ; la simple vue de fragments irréguliers ne suffit point ; il est nécessaire de comparer toujours entre eux et de la même manière les émaux transparents colorés divisés en fragments absolument semblables de forme et de grosseur ; la forme la plus convenable est celle d'un coin très-aplati.

Ces coins, posés sur une feuille écrite, déterminent le degré de coloration de l'émail dont ils sont formés, suivant que l'écriture est lisible à tel ou tel degré de leur épaisseur.

Pour obtenir facilement de ces coins d'essai toujours de même forme et de même grosseur, il a été établi une pince au moyen de laquelle on saisit et on moule, dans le creuset en fusion, la partie d'émail dont on a besoin.

Croisette de graduation pour les reliefs lithophaniques.

Pour déterminer l'élévation des reliefs, il a été établi un petit instrument en forme de croisette, consistant en une barre transversale mobile sur une branche verticale graduée ; l'extrémité de cette branche verticale se place dans la partie

 

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la plus profonde du modèle; la branche transversale vient s'appuyer sur la som­mité la plus relevée du relief, et marque, par son intersection sur la branche verticale, le degré de relief de la plaque.

Cette croisette d'essai a semblé le meilleur moyen pour classer les reliefs. On pourra, si l'on veut, rendre la barre transversale plus longue que' celle qui existe sur l'instrument confectionné comme modèle.

 

© Constantin IMBS Juin 2007 - Paris, France